En septembre 2025, Bouaké a franchit une étape décisive pour la sécurité des enfants sur le chemin de l’école, après des mois de préparation, de dialogue avec la population et de travaux sur le terrain.
Deuxième ville de Côte d’Ivoire après Abidjan avec près d’un million d’habitants, Bouaké connaît une croissance urbaine rapide. L’augmentation du trafic, notamment des motos, rend plus que jamais urgente la mise en place d’infrastructures sûres pour les piétons. À l’échelle du continent, les accidents de la route demeurent la première cause de mortalité chez les 5-29 ans. À Bouaké, le danger est quotidien : les enfants empruntent des trajets périlleux, souvent dépourvus de passages protégés, exposés à des véhicules roulant à vive allure.
Quatre écoles primaires de Bouaké, fréquentées par plus de 5 700 élèves, disposent désormais d’un cadre plus sûr pour étudier et s’épanouir. Ces améliorations ciblées des infrastructures ont été réalisées dans le cadre du programme Safe Schools Africa, financées par l’Agence Française de Développement (AFD) et la Fondation FIA, et s’inscrivent dans le Plan de mobilité urbaine durable (PMUD) de la ville de Bouaké.
Ce projet, piloté par Amend en étroite collaboration avec le service de la mobilité urbaine de la ville de Bouaké, l’Organisation des Jeunes Ivoiriens pour la Sécurité Routière (OJISER), l’Organisation nationale de la sécurité routière (OSER) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), marque l’achèvement de la deuxième phase du programme Safe Schools Africa à Bouaké. Fortes des premières interventions dans les écoles primaires de N’gattakro et de Koko 1 et 2, ces nouvelles mesures étendent la sécurité à d’autres zones scolaires à haut risque, démontrant l’efficacité des partenariats pour protéger les enfants dans des villes africaines en pleine expansion.
L’inspectrice de l’enseignement préscolaire et primaire (IEPP N’Gattakro), Korotoum Karamoko déclare: « Avant ce projet, j’observais chaque jour la souffrance causée par les dangers auxquels les enfants étaient exposés car mon bureau est juste en face de l’école Ville Nord. C’était si risqué que le groupe scolaire Ville Nord, sous mon inspection, malgré ses sept écoles, était en train de se vider. Il n’y avait que 877 élèves au total, soit la moitié moins que d’autres écoles de même taille. Les parents de l’autre côté de la route préféraient envoyer leurs enfants dans une école bondée et plutôt que celle-ci en raison de la vitesse des véhicules. Merci car l’an prochain sera différent et l’école pourra revivre.»
Le programme Safe Schools Africa repose sur le modèle primé d’évaluation et d’amélioration de la sécurité routière autour des écoles (SARSAI), développé par Amend avec le soutien de la Fondation FIA. Évalué rigoureusement, ce dispositif a montré qu’il réduisait de manière significative les accidents et les décès d’enfants sur la route, tout en atténuant la gravité des blessures lorsqu’un accident survient.

L’intervention d’Amend adopte une approche centrée sur les personnes. Il s’agit de ralentir la circulation là où les enfants croisent les véhicules, de leur aménager des parcours protégés et de garantir des entrées d’école sûres et clairement identifiables. Ces mesures, simples mais profondément transformatrices, se déploient désormais à plus grande échelle à Bouaké.
Entre janvier et août 2025, Amend et ses partenaires ont conçu et mis en œuvre des travaux d’infrastructure aux abords de quatre écoles, sélectionnées pour leur exposition élevée aux risques. Ces interventions se sont appuyées sur des données d’accidentologie (en partenariat avec l’Institut de Recherche et Développement), des observations sur le terrain et des consultations avec l’ensemble des communautés scolaires impliquant enseignants, élèves, parents, commerçants et responsables municipaux.
Dans chacune des écoles ciblées, le programme a évalué le nombre d’élèves, recensé les accidents survenus et déployé des mesures adaptées pour protéger les enfants dans leurs trajets quotidiens :
- EPP Ville Nord (877 élèves) : 5 accidents d’enfants signalés en 2024.
Pour y remédier, 4 ralentisseurs et 2 passages piétons ont été installés, ainsi que des trottoirs de part et d’autre du mur de l’école. Des portions du mur ont été restaurées, la grille d’entrée élargie et la signalisation renforcée. - Groupe Scolaire Aboliba (1 533 élèves) : 5 accidents signalés en 2024, dont 2 en novembre.
Les mesures mises en place comprennent 3 ralentisseurs, 2 passages piétons (dont 1 surélevé), l’extension des trottoirs et une signalisation adaptée. - Groupe Scolaire Annexe (1 527 élèves) : 4 accidents signalés en 2024.
Les travaux ont porté sur 4 ralentisseurs, 3 passages piétons, la création de nouveaux trottoirs et la modification d’une portion du mur pour élargir le passage, avec mise en place de signalisation. - Groupe Scolaire TSF Bassa (1 862 élèves) : 6 à 7 accidents par an, dont 1 déjà signalé en février 2025.
Les nouveaux aménagements comprennent 2 ralentisseurs, 2 passages piétons, de nouvelles sections de trottoirs, des plateformes de sécurité autour des passages, un nouvel arrêt de bus et la mise en place de signalisation.


Ensemble, ces interventions vont considérablement réduire les risques auxquels sont exposés plus de 5 700 enfants, ainsi que les communautés qui utilisent quotidiennement ces routes.
Les effets sont visibles immédiatement. Les photos et plans avant-après montrent des entrées autrefois dangereuses, désormais sécurisées par des passages clairs et une circulation ralentie. Les trajets que les enfants partageaient avec les véhicules sont maintenant séparés et protégés.
Abdramane Yéo, élève en classe de CM2, porte parole des élèves pendant la cérémonie d’inauguration : « Avant, mes camarades et moi risquions nos vies en traversant la route. Maintenant, nous nous sentons beaucoup plus en sécurité.»
Loin de marquer la fin du projet, ces travaux révèlent ce que la collaboration entre gouvernements, communautés et partenaires internationaux peut accomplir, tout en ouvrant la voie à de futures réalisations. Les enseignements tirés de ces interventions nourrissent déjà des discussions sur des projets d’infrastructure plus ambitieux, cofinancés par l’AFD et l’Union européenne, et contribuent à la planification urbaine et de mobilité dans d’autres villes.
Amend continuera à étendre ces interventions éprouvées. L’objectif : rendre les trajets scolaires plus sûrs pour les enfants, en Côte d’Ivoire et dans toute l’Afrique.